De la somptueuse villa qu’un riche Romain construisit aux Ier et IIe siècles après J.-C., il ne reste qu’une portion congrue visible aux yeux du public car, comme ce fut souvent le cas, nos ancêtres se sont abondamment servis de ses matériaux vestiges pour construire leurs propres maisons quelques siècles plus tard. On sait que la résidence pulliérane fut construite en terrasse et les fondations excavées – rappelées par un pavage de couleur sur la place du Prieuré – suggèrent qu’elle devait comporter au moins une dizaine de pièces d’habitation, des thermes et un grand jardin. L’extension du village et la construction de l’église Saint-Germain ont enseveli un certain nombre de vestiges.
Dix ans de fouilles
C’est en 1971, alors que la commune de Pully s’apprête à construire sur le site un local souterrain pour ses pompiers, qu’apparaissent des vestiges monumentaux. Dix ans de fouilles subventionnées par l’Etat de Vaud et la Confédération vont aboutir à la construction du musée actuel, qui montre pour l’essentiel une vaste pièce en hémicycle, une peinture murale impressionnante in situ, ornant la partie inférieure d’une fresque constituant un trompe-l’œil où quatre piliers de faux marbre délimitent des panneaux représentant une course de chars dans un cirque, ainsi que de multiples vestiges.
La diffusion d’une vidéo (en trois langues) illustre la visite de manière éloquente. Elle permet de replacer la luxueuse villa de Pully dans son contexte de l’époque, contemporain de l’antique Lousonna, stratégiquement placée sur la route d’Aventicum (Avenches) et des cols alpins.