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Originaire de Russie, Catherine de Rumine (1818-1867) a quitté son pays natal avec son époux Basile. Après avoir séjourné dans différentes villes, les époux de Rumine sont arrivés à Lausanne, où ils ont fait construire leur propriété «La Campagne d'Eglantine». A la mort de son époux, Catherine de Rumine est restée seule avec son fils Gabriel (1841-1871). Femme de cœur, elle a participé à diverses œuvres philanthropiques et soutenu financièrement des travaux scientifiques et des fouilles. Elle a beaucoup voyagé avec son fils, puis également avec le précepteur de celui-ci, Charles-Théophile Gaudin. Les visites de musées effectuées dans le cadre de ses voyages ont amené Catherine de Rumine à créer, à Lausanne, le Musée industriel, rebaptisé par la suite Musée des arts décoratifs (actuel mudac) inauguré le 1er mars 1862. Après la mort de son précepteur le 12 janvier 1866, puis celle de sa mère le 5 mai 1867, Gabriel de Rumine est parti à Paris. Il est revenu à Lausanne au début de l'année 1871. Avant de partir pour un voyage à Constantinople, Gabriel de Rumine a écrit un testament par lequel il léguait à la Ville de Lausanne la somme de 1'500'000 fr. pour une construction qui devait être jugée d'utilité publique par une commission formée pour moitié par des professeurs de l'Académie et pour l'autre par des magistrats de la Ville. Gabriel de Rumine est mort à Bucarest le 18 juin 1871. Son legs a été affecté à la construction du Palais de Rumine (1898-1906), qui, dès son inauguration, a abrité l'Université de Lausanne et les musées cantonaux.
Né au 12 de la rue Saint-François, actuel 18, Théophile Alexandre Steinlen (1859-1923) a «gribouillé» très tôt. Il se plaisait à vagabonder dans les échoppes de savetiers et dans les bicoques de rétameurs à travers les quartiers de Lausanne. Après avoir accompli son gymnase classique, Steinlen est entré à l'Académie de Lausanne. Mais il préférait passer son temps avec un vieil ami naturaliste, qui lui a d'ailleurs donné goût à la peinture. Steinlen s'est alors acheté une boîte d'aquarelle de naturaliste et s'est mis à peindre papillons et plantes. Après deux années à l'Académie, sans brillant résultat, sur le conseil de son père, il est parti, en 1879, à Mulhouse se faire un métier en tant que dessinateur industriel sur tissu, chez Schoenhaupt. Il est ensuite monté à Paris rejoindre sa future épouse. En flânant devant les étalages de journaux, Steinlen était fasciné par des illustrateurs tels Galdecott, Wilhelm Busch, Oberlander, Charles Reen et du Maurier. Il a alors tenté sa chance auprès de quelques rédacteurs de gazette. Après des débuts difficiles, un premier dessin est accepté et en moins de rien un «nommé Steinlen» est devenu Steinlen tout court. S'ensuit alors la carrière d'illustrateur que l'on connaît: La Chanson de l'enfant, Le Cochon, la rencontre avec Rodolphe Salis, propriétaire du fameux cabaret littéraire le Chat Noir, les illustrations du grand quotidien Gil Blas et de Simplicissimus, illustré munichois, Le Rire, L'assiette au Beurre, Les Soliloques du Pauvre. La notoriété de Steinlen s'est encore accrue avec l'apparition sur les murs de Paris, de l'affiche «La Tournée du Chat Noir de Rodolphe Salis». Un critique a dit «Les murs de Paris ont été ennoblis de la présence de ce chat auréolé, hiératique et byzantin, de proportions énormes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et décharnée». Steinlen, qui avait une mémoire prodigieuse, a déclaré que c'était un chat connu à Lausanne qui l'avait inspiré: «A peine ai-je eu besoin de l'amplifier pour en faire un soleil: il rayonnait de tous ses poils écarquillés».
Serge Lifar (1905-1986) a été initié à la danse, à l'Opéra de Kiev, sa ville natale. Arrivé à Paris un jour de janvier 1923, il a intégré la célèbre compagnie des Ballets russes de Diaghilev. Figurant, soliste, puis premier danseur, Serge Lifar a également fait ses débuts de chorégraphe, ou plutôt «choréauteur» comme il aimait à le dire, au sein de la troupe. A la dissolution des Ballets russes en 1929, ensuite du décès de Diaghilev, Serge Lifar a été engagé en qualité de directeur de la danse à l'Opéra de Paris, où il sera, jusqu'en 1944, puis de 1947 à 1958, premier danseur, chorégraphe, maître de ballet et professeur. Avec Icare, en 1935, il a été le premier à être nommé danseur étoile, titre jusqu'alors réservé aux seules danseuses. Réformateur du mouvement et de la technique de la danse, Serge Lifar a créé et imposé le style néo-classique. En 1955, une chaire lui a été confiée à la Sorbonne pour l'étude de la chorégraphie-chorélogie, soit la science de la danse. En 1981, Serge Lifar est venu s'installer à Glion, puis à Lausanne. Dans notre ville, où il avait dansé et souvent rendu visite à Coco Chanel, Serge Lifar a contribué à la création d'une véritable école de danse et à la formation des danseurs. Il a même été conseiller auprès des architectes du nouveau théâtre de Beaulieu. Serge Lifar a fait don, en 1986, à la Ville de Lausanne, de ses archives professionnelles, composées de livres, affiches et documents iconographiques. Ce fonds, mentionné sur le site internet de la Ville, peut être consulté aux archives communales. Serge Lifar s'est éteint à l'Hôtel Beau-Rivage.
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