
Miniatures, portraits
Le terme de miniature couvre des réalités différentes. L’acception médiévale emprunte son origine au minium, un oxyde de plomb servant de pigment rouge orangé, utilisé par les calligraphes du Moyen Âge. Parfois, le mot miniature ne signifie que petite peinture ou petit objet, sans référence à ce contexte ancien. Ainsi, le musée possède un type de miniatures qui échappent à ce sens premier et qui ont fleuri dès le 16e siècle. Celles-ci sont des peintures de petites dimensions - de 45 à 140 mm environ - ou des objets sculptés de petite taille. Le groupe que nous décrivons ici comprend des portraits la plupart du temps en ivoire peint à l’aquarelle et à la gouache ou dessiné. Parfois le support est un parchemin ou un papier, ou encore la peinture même de l’œuvre est fondue dans l’émail. L’étendue chronologique de la collection du musée va, pour l’essentiel, du milieu 18e à la fin du 19e siècle. La plupart des œuvres se rattache à une production que l’on peut qualifier d’helvétique, au regard des frontières actuelles. Pour une part, leurs auteurs sont des peintres qui maîtrisent très finement leur technique et qui ont fourni une production de grande qualité; Bouvier, Chabanne, Piccard, Soiron... |  | Il s’agit parfois d’œuvres dont l’esquisse a été exécutée lors d’un passage de l’artiste, alors que la peinture finale est réalisée en atelier. L’autre part de la production est faite par de petits maîtres locaux, mais dont la technique et la maîtrise artistique sont toutefois plus limitées.
La fonction de ces petites œuvres est variable: un portrait de l’être aimé, de parents ou d’enfants, qui, de surcroît, pouvaient être présentés dans un cabinet, portés sur soi en médaillon ou emportés en voyage. La peinture sur ivoire autant que celle sur émail sont des arts difficiles par l’exigence d’une extrême précision dans le travail. Ces œuvres contiennent en effet, sur une surface très restreinte, un nombre d’informations visuelles similaire à celui présent sur une toile ou dans des sculptures de taille courante. Par sa transparence, l’ivoire apporte une luminosité particulière à l’œuvre. Parfois, des paillons d’argent sous-jacents à ce matériau et disposés sous les chairs accroissent encore cet effet. De son côté, la technique sur émail est particulièrement complexe puisqu’elle réclame une maîtrise de «l’art du feu». L’émail, s’impose immédiatement au regard par sa brillance, alors que l’ivoire séduit par la subtilité du trait et des tons. |
 Portrait d'Henri-Antoine de Crousaz Louis Piot, crayon sur papier, 11.8 cm
1795 |  |  Portrait d'Henri-Antoine de Crousaz
Henri-Salomon Brunner, aquarelle et
gouache, 6.8 cm, 1820 |  |  Portrait d'un inconnu, Martin
gouache et aquarelle, 4,5 cm, 1820 |
 Portrait de Sabine-Marie de Cerjat
Henri-Salomon Brunner, dit Fontaine
aquarelle et gouache sur ivoire, 8,3 cm
vers 1800 |  |  Portrait d'Henriette de Cerjat
Flavien Emmanuel Chabanne
aquarelle et gouache sur ivoire, 9 cm
vers 1840 |  |  Portrait d'Isabelle de Montolieu
Jean-François Favre, aquarelle et
gouache, 4,5 cm, 1785
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 Portrait de Mme Louis Golay
Charles-Louis Glardon, émail sur métal
4,6 cm, 1879 |  |  Le pasteur Georges Chatelanat
Johann-Jakob Müller, crayon et encre
sur ivoire, 9 cm, vers 1796
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Portrait d'une inconnue,
Louis-Rodolphe Piccard, aquarelle et
gouache sur ivoire, 10,2 cm, 1837 |

Portrait de Sabine-Françoise Herwarth-Cerjat, Andreas Mussard, aquarelle et
gouache, 4,2 cm, 1765
|  |  Portrait d'une inconnue
Louis-Rodolphe Piccard, ébauche,
aquarelle sur papier, 14,3 cm, 1837
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