

| | L'un des premiers – et toujours rares – musées d'Europe entièrement dévolus à la photographie, le Musée de l'Elysée a très vite, après son ouverture en octobre 1985, acquis une stature et un renom internationaux. Avec les quelques 120'000 tirages originaux de ses collections, il est installé dans une élégante maison de maître XVIIIe sertie dans un jardin à l'anglaise qui domine le lac. Il occupe huit salles sur quatre étages entre vastes caves voûtées et combles à la spectaculaire poutraison. L’Elysée règle sa focaleAlors président de la Fondation suisse pour la photographie et reporter au long cours, Charles-Henri Favrod en est le premier directeur. Soucieux de combler le retard de la Suisse – comme de l'Europe en général par rapport aux USA – en matière de connaissance de la photographie, il y multiplie les expositions qui familiarisent le public avec les débuts de la photo, les grands phares du XXe siècle – Cartier-Bresson, Capa, Alvarez Bravo, Penn, Frank, Depardon, Ella Maillart… – et la photographie classique du présent, avec un accent prioritaire sur le photojournalisme. Son successeur dès 1996, le Canadien Williams A. Ewing y poursuit une politique dynamique d'expositions qui se prolonge aussi hors les murs, mène d’importantes activités éditoriales et accorde une attention soutenue à la scène contemporaine: «ReGeneration: 50 photographes de demain», «La disparition du portrait», Robert Walker, «Tous photographes!»… La photographie au grand-angulaire
Dans un monde où le champ de la photographie s'est élargi au grand-angulaire, où ses relais se sont multipliés et où l'image est entrée de plain-pied sur la scène de l'art, il se réclame d’un regard de «généraliste de la photographie» pour la représenter dans tous les états, constats, explorations et interrogations. |