
Les ivoires d'Alexandre Perregaux |
M. Perregaux est le 1er artiste de l’Europe pour sculpter sur yvoire: sur le chaton d’une bague, il met tout un paysage, dont il dégrade le lointain avec une délicatesse inimitable; la nature de ses ouvrages, le fini des détails, la grâce de tout l’ensemble, sont une espèce de magie pour l’œil, qui demande comment la main de l’homme a pu exécuter de telles merveilles […] ses talens le rendent précieux aux beaux-arts. Philippe-Sirice Bridel, dit le Doyen Bridel, 1813
Alexandre Perregaux (1749-1808) est un des créateurs les plus réputés et une personnalité en vue de la société du 18e siècle lausannois. Orfèvre d’abord, par son apprentissage chez le joaillier Benoît Gély. Sculpteur sur ivoire ensuite, sa notoriété est internationale. Il est également connu pour ses boîtes en émail et étain ou ses médaillons miniatures qu’il réalise quelque fois en collaboration avec sa fille Marie Ferrier-Perregaux. A partir de 1789, il se consacre définitivement à l’architecture et laisse à Lausanne des bâtiments emprunts de néo-classicisme, tels que la maison de Villamont ou le Grand Conseil vaudois (ravagé par un incendie en 2002). De ce dernier aspect de sa carrière, il en transmettra le virus à son fils Henri, architecte également très actif, dans cette même ville, pendant le 19e siècle.
Le Mhl possède un ensemble exceptionnel de micro-sculptures en ivoire, probablement toutes d’Alexandre Perregaux, léguées par les descendants de la famille. Elles forcent l’admiration pour la délicatesse des détails sculptés dans de si petits morceaux blancs, posés sur un fond contrastant, souvent bleu royal. Le relief, notamment dans les ciels, pouvait être obtenu par l’utilisation de cheveux coupés ou hachés. Ces petits bas-reliefs composent alors un paysage, une marine ou une scène typique des goûts néo-classiques, animées de minuscules personnages expressifs. Une mignature montée sur bague est présentée ces jours à l'accueil du musée. |  |  «Femmes au fuseau», ivoire sculpté,
2 x 1 cm, vers 1800
 «La chute de l'ange», ivoire sculpté,
3 x 2 cm, vers 1800 |
 «Réveillement», ivoire sculpté
2,3 x 1,8 cm, vers 1800 |  |  «Eglise et ruines», cheveux collés
aquarelle et gouache sur ivoire
13,5 x 11,8 cm, vers 1800 |  |  «Repas», boîte en écaille, motif en
étain, 6 cm, fin 18e siècle |
 «Pastorale et ruines», ivoire sculpté, 1,5 x 3 cm, vers 1800
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«Chevaux», ivoire sculpté, 2 x 3,4 cm, vers 1800 |
 Anonyme, Alexandre Perregaux,
huile sur toile, 1774-1789 |  |  Marie Ferrier-Perregaux, portrait
miniature de son père (détail), gouache
et aquarelle, 14 cm, vers1808 |  | 
«Vasque au monogramme»,
ivoire sculpté, 2 x 1,2 cm, vers 1800 |

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