Ce peintre, connu pour sa lenteur d’exécution, nous a légué pourtant un œuvre extrêmement prolixe. On le connaît pour avoir été un des plus fidèles témoins de la destruction des vestiges médiévaux de Lausanne, dans la dernière décennie du 19e siècle. Infatigable défenseur du patrimoine, c’est lui qui sauva par ses actions la tour de l’Ale, l’église Saint-François ou la chapelle de la Maladière des démolisseurs. Ses moyens? Le crayon et le pinceau d’abord, pour documenter et conserver fidèlement la mémoire des bâtiments et des rues qui disparaissaient sous ses yeux. La création de la Commission du Vieux-Lausanne ensuite (1898), à l’origine de la constitution du futur Musée historique (1918) a été son bras quelque peu politique. La publication enfin: en organisant la diffusion à grande échelle d’estampes qui reproduisaient les souvenirs de la ville en mutation, soit des reprises de grands dessinateurs du 18 ou 19e siècle (Burgdorfer, Naef, etc.), soit des créations de son frère Joseph ou de lui-même. Ce seront les éditions de l’album Le Vieux Lausanne (1889, 1913 et 1915) ou de Lausanne 1865-1894, que beaucoup de Lausannois portent encore dans leur cœur. A côté de son engagement pour le patrimoine, on lui connaît dès 1880, une activité de portraitiste très appréciée et les bonnes familles de la ville ont fait souvent appel à lui. Ces tableaux se caractérisent par un réalisme soigné qui permet une fine perception psychologique des personnages. Tous ces aspects sont bien représentés au sein des collections du Musée historique de Lausanne. Plus de 520 œuvres sont conservées, de toutes techniques (huiles, gouaches, dessins, estampes). Tantôt des sujets originaux, tantôt des œuvres servant de modèles aux estampes qu’il publiait, tantôt des croquis pris sur place, afin d’immortaliser un bâtiment proche de disparaître. De ses grands portraits, le Mhl conserve, parmi tant d’autres, celui d’Adrien Mercier ou d’Auguste Daples. Au fil des dessins, on le découvre également excellent observateur des éléments architecturaux d’une tour de l’Ale ou des fouilles archéologiques de la cathédrale, mais également des voiles latines et des bateaux traditionnels du lac Léman. A cela, il faut ajouter la remarquable série d’autoportraits où Charles Vuillermet essaie autant les techniques que les styles picturaux variés, laissant penser que, malgré son réalisme, il n’était pas resté insensible aux mouvements de l’avant-garde contemporaine, comme le néo-impressionnisme ou voire même l’expressionnisme. |  |  La maison Bergier à St.-François, huile sur toile, 1911
 Tour de l'Ale, huile sur toile, vers 1896
 Tour de l'Ale, dessin préparatoire, 1896
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