Il y a des visites qui se préparent des mois à l’avance et qui ont une saveur toute particulière. Une amie canadienne de longue date, a traversé l’Atlantique pour assister à un festival littéraire en France. Établis en Suisse depuis près de dix ans, ma femme et moi lui avons proposé un plan infaillible : plutôt que de courir d’hôtel en hôtel avec ses valises, pourquoi ne pas faire de Lausanne son « camp de base » ? Une halte parfaite pour se remettre du décalage horaire avant le festival, et un point de chute idéal pour explorer les merveilles de la Suisse à son retour.
Partie 1 : L'acclimatation lausannoise
Jour 1 : Retrouvailles et douceur de vivre
Pas de programme chargé pour cette première journée, juste le plaisir de se retrouver tous les trois. Le moment fort a eu lieu le soir même, sur notre balcon : un coucher de soleil flamboyant sur le lac Léman, avec les Alpes en toile de fond. L’effet « waouh » a opéré instantanément !
Le bon plan de notre amie : Pour ceux qui séjournent à l’hôtel, n’oubliez pas de demander votre Lausanne Transport Card. Elle offre la gratuité des transports publics dans l’agglomération, un vrai luxe pour se déplacer l’esprit léger dès le premier jour.
Jour 2 : De la Cité au bord de l’eau, un condensé d’histoire et de gourmandise
Armés de nos Lausanne City Pass, nous avons commencé notre exploration par les hauteurs avec la majestueuse Cathédrale et la montée à la tour, suivie d’une plongée dans le passé au Musée historique de Lausanne. C’était l’occasion parfaite pour bien voir tous les dénivelés de la ville, grâce à la superbe maquette du musée !
En descendant par les pittoresques Escaliers du Marché, nous avons fait une halte chez le chocolatier Durig. Bonne surprise du City Pass : nous avions droit à un petit cadeau
chocolaté à emporter, avec en prime une délicieuse dégustation en boutique pour nous mettre en appétit !
’’Voir Lausanne de haut m’a permis de sourire alors que je gravissais ses rues ondulées.’’
À midi, direction la gare pour un repas au Tibits. Notre amie a été subjuguée par les peintures exceptionnelles qui ornent ornant les murs de ce lieu historique. L’après-midi fut culturel avec la découverte du MCBA à Plateforme 10, avant de descendre encore plus, vers Ouchy, pour visiter le Musée Olympique.
Pour couronner cette journée, nous avons dégusté une glace sur les quais. Le parfum « abricot du Valais » a remporté un succès absolu !
Intermède français : Le lendemain, elle a pris le train direction la France pour quelques jours d’immersion littéraire en Savoie. Un trajet en toute simplicité depuis la Capitale Olympique.
Partie 2 : Le grand tour romand
Jour 3 : La Riviera au fil de l’eau
De retour à Lausanne la tête pleine de mots, elle est prête pour la suite de l’aventure. Nous embarquons à Ouchy sur le bateau Italie de la CGN. Pour marquer le coup, nous nous offrons le pont supérieur en première classe. Confortablement installés dans les transats, nous admirons les vignes en terrasses de Lavaux qui défilent depuis le lac.
Conseil d’amis : Ne vous fiez pas à la petite brise rafraîchissante lorsque le bateau navigue ! Mettez de la crème solaire. Dès que le bateau s’arrête dans un port, l’intensité du soleil vous rappelle vite à l’ordre.
Le but de cette petite croisière arrive après 1h50 de panoramas magnifiques: la visite du Château de Chillon nous a permis de (re)découvrir l’histoire de la région, et titiller notre mémoire littéraire en se remémorant le poème de Lord Byron: The Prisoner of Chillon (1816).
Après la visite du Château de Chillon, nous avons flâné le long des quais fleuris jusqu’à Montreux, pour un passage par la Queen Studio Experience et un instant rock’n’roll devant la statue de Freddie Mercury !
‘’Marcher le long du lac Léman a été pour moi un rêve qui s’est concrétisé. Les fleurs et les passants le long du lac tout comme les voiliers sur l’eau ont ajouté une petite touche de magie au paysage paradisiaque.’’
Jour 4 : Immersion gruérienne et écho lausannois
Conseil d’amis : Si vous souhaitez vous aventurer plus loin en Suisse, le Swiss Travel Pass CFF, valide dès 3 jours de voyage, permet aux visiteurs de l’étranger de voyager sans limite à bord des trains, bus et bateaux partout en Suisse et tient lieu de ‘Swiss Museum Pass’, offrant l’entrée gratuite dans presque tous les musées suisses !
Aujourd’hui, nous quittons le bleu Léman pour la campagne verdoyante fribourgeoise ! Un trajet en train de moins de 2h nous dépose à Gruyères.
Premier arrêt, Gruyères et son château !
Ouvert au public depuis 1939, ce château fort du XIIIe siècle est l’occasion de découvrir une autre partie de l’histoire helvétique à travers, entre autres, les illustrations à même les murs du château. Quelle joie de découvrir des œuvres de Jean-Baptiste Camille Corot datées des années 1850 à même le Salon Corot !
La Salle des Chevaliers quant à elle fait découvrir les origines et les exploits du Comte de Gruyère, en particulier à travers la fameuse Bataille de Morat.
Après la visite du château, nous nous attablons à la Maison du Gruyère pour l’expérience locale ultime : les fameuses croûtes au fromage, suivies de meringues à la crème double. L’après-midi s’est poursuivi sous le signe de la gourmandise à Broc, pour une visite immersive et gustative de la fabrique Cailler. Un après-midi si (délicieusement) riche que le soir venu, de retour à Lausanne, nous nous sommes contentés… d’une petite salade !
Sur le chemin du retour, la magie a opéré lorsque le train a jailli du tunnel de Vauderens, vers Palézieux, pour ressortir avec une vue plongeante sur les vignes de Lavaux et le soleil illuminant le Léman. Nous avons immédiatement reconnu ces couleurs et ce panorama, capturés par le peintre suisse Ferdinand Hodler dans son tableau Le lac Léman vu de Chexbres (1904), que nous avions admiré au début du voyage au MCBA. La boucle était bouclée.
Partie 3 : Prendre de l'altitude
Jour 5 : L’appel des Alpes bernoises
Il fallait bien montrer à notre amie canadienne qu’en partant de notre camp de base lémanique, on tutoie les hauts sommets en un rien de temps. Départ pour l’Oeschinensee ! 2 trains via Berne et 2h30 de paysages époustouflants nous permettent de prendre de la hauteur.
Un court voyage en télécabine, réservé à l’avance, et nous voilà sur le chemin de randonnée vers le lac. Le contraste est saisissant : adieu les palmiers de la Riviera, bonjour les falaises et les chutes vertigineuses, l’odeur des sapins et les eaux d’un bleu turquoise irréel. En toute saison, Oeschinensee est un plaisir pour les sens !
Retour en douceur en après-midi après une pause midi au bord du lac, cette fois via le tunnel de faîte du Lötschberg, en passant par Brigue. Des paysages sublimes, différents, qui donnent un avant goût du panorama valaisan.
Jour 6 : Les mystères du Valais
Pour sa dernière journée, nous souhaitions une petite aventure – nous avons pris la direction des Gorges du Trient en Valais. Une courte balade nous amène à un banc d’où le son de la gorges est omniprésent. En clin d’oeil au but initial de son voyage, nous nous sommes posés au fond des gorges pour une petite pause lecture. Un bon roman, du soleil et l’air frais des montagnes : la conclusion parfaite de ce voyage.
Notre amie a repris l’avion avec des souvenirs plein la tête et des centaines de photos dans son téléphone. L’avantage d’avoir laissé sa grosse valise dans notre appartement lausannois lui a permis de voyager léger au gré de nos envies, de la France voisine aux glaciers alpins.
‘’Lausanne s’est avérée une ville généreuse en paysages, en architecture et en marches contemplatives. Lausanne n’a pas seulement été notre point de rencontre ; elle a été la porte d’entrée parfaite de mes vacances en Europe.’’





